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@@ -1,6 +1,7 @@
%% This is a LaTeX document. Hey, Emacs, -*- latex -*- , get it?
\documentclass[12pt]{article}
\usepackage[francais]{babel}
+\usepackage[T1]{fontenc}
\usepackage[latin1]{inputenc}
\usepackage{times}
% A tribute to the worthy AMS:
@@ -86,7 +87,9 @@ $v=0$ (la r�ciproque est vraie dans n'importe quel anneau�: $0x = x0 =
tel que $xy = 1$. Dans $\mathbb{Z}$, les inversibles sont $1$ et
$-1$.
-Relation d'ordre...
+Relation d'ordre�: relation r�flexive (on a toujours $x\leq x$),
+antisym�trique (si $x\leq y$ et $y\leq x$ alors $x=y$) et transitive
+(si $x\leq y$ et $y\leq z$ alors $x\leq z$).
%
\subsection{�criture $b$-adique}
@@ -230,9 +233,11 @@ Quelle est la valuation $2$-adique de $192$�? $3$-adique�?
$5$-adique�? Quelles sont les valuations $p$-adiques de
$-\frac{24}{11}$, pour tous les $p$ possibles�?
-Propri�t�s de $v_p$�: produit (cf.�lemme de Gau�), in�galit� sur la
-somme (et cas d'�galit�)... Dire que $x \in \mathbb{Q}$ est entier
-signifie exactement $v_p(x) \geq 0$ pour tout�$p$.
+Propri�t�s de $v_p$�: produit (cf.�lemme de Gau�)�: on a $v_p(xy) =
+v_p(x) + v_p(y)$�; in�galit� sur la somme�: on a $v_p(x+y) \geq
+\min(v_p(x), v_p(y))$ avec �galit� si $v_p(x) \neq v_p(y)$. Dire que
+$x \in \mathbb{Q}$ est entier signifie exactement $v_p(x) \geq 0$ pour
+tout�$p$.
%
\subsection{Division euclidienne}
@@ -306,7 +311,7 @@ entiers. La notation $\pgcd(\cdots)$ est �videmment la plus claire.
\textbf{Quelques propri�t�s�:}
\begin{itemize}
-\item le pgcd d'un seul entier $m$ est lui-m�me (et le pgcd de z�ro
+\item le pgcd d'un seul entier $m$ est sa valeur absolue (et le pgcd de z�ro
entiers est�$0$),
\item le pgcd est associatif (par exemple\\
$\pgcd(m_1,m_2,m_3) = \pgcd(\pgcd(m_1,m_2),m_3)$),
@@ -388,7 +393,9 @@ Soit � calculer le pgcd de deux entiers $a$ et $b$.
\end{itemize}
\smallskip
-\textbf{Invariant�:} $\pgcd(m,n) = \pgcd(a,b)$ (constant)
+\textbf{Invariant�:} $\pgcd(m,n) = \pgcd(a,b)$ (constant)�;
+l'algorithme termine car $n$ d�cro�t strictement � chaque �tape (et
+reste un entier naturel).
\medbreak
Exemple�: soit � calculer le pgcd de $a=98$ et
@@ -622,6 +629,8 @@ surjections canoniques�:
\mathbb{Z}/(mn)\mathbb{Z} \to (\mathbb{Z}/m\mathbb{Z})
\times (\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})
\]
+Autrement dit, il s'agit de l'application qui envoie un entier $z$
+modulo�$mn$ sur sa classe modulo�$m$ et sa classe modulo�$n$.
Il s'agit d'un \emph{morphisme d'anneaux} (car les surjections
canoniques en sont�!)�:
@@ -735,39 +744,51 @@ $e$ tels que�:
\begin{itemize}
\item Associativit� de�$\star$�: $x\star(y\star z) = (x\star y)\star z$
\item Neutralit� de $e$ pour�$\star$�: $e\star x = x\star e = x$
-\item Existence d'inverses�: pour chaque $x$, il existe un �l�ment
+\item Existence de sym�triques�: pour chaque $x$, il existe un �l�ment
not� $x'$ tel que) $x \star x' = x' \star x = e$
\end{itemize}
Lorsque de plus la loi $\star$ est commutative ($y\star x = x\star
y$), on parle de \emph{groupe ab�lien} (ou commutatif).
Exemples�: l'addition sur les nombres r�els (la loi $\star$ �tant
-l'addition et le neutre $e$ �tant le nombre�$0$)�; la multiplication
-sur les nombres r�els non nuls (la loi $\star$ �tant la multiplication
-et le neutre $e$ �tant le nombre�$1$)�; la composition des isom�tries
-du plan (la loi $\star$ �tant la composition et le neutre $e$ �tant
-l'identit�).
+l'addition et le neutre $e$ �tant le nombre�$0$), ou sur les
+complexes, ou sur les entiers�; la multiplication sur les nombres
+r�els non nuls (la loi $\star$ �tant la multiplication et le neutre
+$e$ �tant le nombre�$1$), ou sur les r�els strictement positifs, ou
+sur les complexes non nuls�; la composition des isom�tries du plan (la
+loi $\star$ �tant la composition et le neutre $e$ �tant l'identit�).
+
+Contre-exemple�: la multiplication sur les entiers (ou m�me sur les
+entiers non nuls) \emph{ne forme pas} un groupe, faute d'inverses pour
+les entiers autres que�$\pm 1$.
G�n�ralement, un groupe est not� soit de fa�on multiplicative (on
�crit $xy$ au lieu de $x\star y$ et $1$ au lieu de�$e$, et dans ce cas
on note $x^m$ l'�l�ment $x\star x\star \cdots x$ avec $m$ fois�$x$ et
-$x^{-1}$ l'inverse de�$x$), soit de fa�on additive (on �crit $x+y$ au
-lieu de $x\star y$ et $0$ au lieu de�$e$, et dans ce cas on note $mx$
-l'�l�ment $x + x + + \cdots + x$ avec $m$ fois�$x$, et $-x$ l'inverse,
-alors appel� oppos�, de�$x$). Tr�s souvent on utilise une de ces deux
-notations de fa�on implicite. La notation additive est en principe
-r�serv�e aux groupes ab�liens (mais on n'en rencontrera pas de
-non-ab�liens dans ce cours).
+$x^{-1}$ le sym�trique de�$x$, alors appel� ��inverse��), soit de
+fa�on additive (on �crit $x+y$ au lieu de $x\star y$ et $0$ au lieu
+de�$e$, et dans ce cas on note $mx$ l'�l�ment $x + x + + \cdots + x$
+avec $m$ fois�$x$, et $-x$ le sym�trique de�$x$, alors appel�
+��oppos頻). Tr�s souvent on utilise une de ces deux notations de
+fa�on implicite. La notation additive est en principe r�serv�e aux
+groupes ab�liens (mais on n'en rencontrera pas de non-ab�liens dans ce
+cours).
\smallbreak
Un \textbf{morphisme} de groupe $\psi\colon G \to G'$ est une
-application qui pr�serve la composition ($\psi(xy) = \psi(x)\,
-\psi(y)$, le groupe �tant not� multiplicativement), et du coup
-forc�ment aussi l'�l�ment neutre ($\psi(1) = 1$). Un
-\textbf{isomorphisme} de groupes est un morphisme bijectif�;
-moralement�: les groupes $G$ et $G'$ sont abstraitement ��le m�me��
-(mais �ventuellement not�s ou �tiquet�s diff�remment).
+application qui pr�serve la composition ($\psi(x\star y) = \psi(x)
+\star \psi(y)$), et du coupb forc�ment aussi l'�l�ment neutre
+($\psi(e) = e$) et les sym�triques (le sym�trique de $\psi(x)$ est
+l'image du sym�trique de�$x$). Un \textbf{isomorphisme} de groupes
+est un morphisme bijectif�; moralement�: les groupes $G$ et $G'$ sont
+abstraitement ��le m�me�� (mais �ventuellement not�s ou �tiquet�s
+diff�remment). Attention�! On aura souvent affaire, par exemple, �
+un morphisme entre un groupe not� additivement et un groupe not�
+multiplicativement�: dans ce cas, cela signifie $\psi(x+y) =
+\psi(x)\,\psi(y)$. Exemple�: l'exponentielle (de base�$e$, disons)
+constitue un isomorphisme entre le groupe additif des r�els et le
+groupe multiplicatif des r�els non nuls.
L'\textbf{ordre d'un groupe} est simplement son cardinal, lorsque
celui-ci est fini. L'\textbf{ordre d'un �l�ment} $g$ dans un groupe
@@ -775,8 +796,8 @@ fini est le plus petit $m\geq 1$ tel que $g^m = 1$ (en notation
multiplicative�; en notation additive, cela s'�crirait�: $mg = 0$,
i.e., un multiple de�$g$)�; c'est aussi le nombre de puissances
distinctes (en notation additive�: de multiples distincts) de
-l'�l�ment�$g$. �videmment, si $g$ est d'ordre $m$, on a $g^m = 1$
-mais aussi $g^{m'} = 1$ pour tout multiple de�$m$�!
+l'�l�ment�$g$. Lorsque $g$ est d'ordre $m$, on a $g^m = 1$ mais aussi
+$g^{m'} = 1$ si et seulement si $m'$ est multiple de�$m$.
Un \textbf{sous-groupe} $H$ d'un groupe $G$ est un sous-ensemble de
$G$ qui est lui-m�me un groupe pour la m�me op�ration et le m�me
@@ -811,7 +832,8 @@ On dit qu'un groupe fini $G$ est \textbf{cyclique} lorsqu'il existe un
$G$ soit de la forme $g^k$ (une puissance de $g$, en notation
multiplicative�; en notation additive, cela s'�crirait�: $kg$, i.e.,
un multiple de�$g$), autrement dit�: le sous-groupe engendr� par $g$
-est $G$ tout entier.
+est $G$ tout entier. Ou encore�: $G$ est cyclique de g�n�rateur $g$
+si et seulement si l'ordre de $g$ est �gal � l'ordre de�$G$.
Le groupe \emph{additif} $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ est cyclique, avec
pour g�n�rateur�$1$ (mais ce n'est pas le seul possible�!
@@ -822,14 +844,50 @@ D'o� une autre d�finition possible�: un groupe cyclique $G$ [de
g�n�rateur�$g$] est un groupe isomorphe � $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$
[avec $1$ correspondant �$g$].
-Les g�n�rateurs de $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ (comme groupe additif�!)
-sont pr�cis�ment les inversibles de $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ (comme
-anneau�!). Attention�! on parlera aussi, plus loin, des g�n�rateurs
-du groupe \emph{multiplicatif} $(\mathbb{Z}/m\mathbb{Z})^\times$ (et
-de la question de savoir s'il y en a).
+Quels sont tous les g�n�rateurs de $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ (comme
+groupe additif�!)�? R�ponse�: ce sont pr�cis�ment les classes modulo
+$m$ des entiers premiers �$m$, c'est-�-dire les inversibles de
+$\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ (comme anneau�!). (D�monstration�: si $\bar
+a$ engendre le groupe additif $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$, alors en
+particulier il doit engendrer�$\bar 1$, c'est-�-dire qu'on peut �crire
+$\bar 1 = \bar a + \bar a + \cdots + \bar a$, avec $u$ fois $\bar a$
+disons, donc $\bar a \bar u = \bar 1$ dans l'anneau
+$\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$, et $\bar a$ y est bien inversible.
+R�ciproquement, si $\bar a \bar u = \bar 1$, et si $\bar a + \bar a +
+\cdots + \bar a = 0$, avec $k$ fois�$\bar a$, alors en multipliant par
+$\bar u$ on a $\bar 1 + \bar 1 + \cdots + \bar 1 = 0$, soit $\bar k =
+0$, donc $k$ est multiple de�$m$�: ceci prouve que l'ordre de $\bar a$
+ne peut pas �tre plus petit que�$m$.)
+
+Ainsi, pour $m$ entier naturel non nul et $a$ entier, il y a
+�quivalence entre�:
+\begin{itemize}
+\item les entiers $a$ et $m$ sont premiers entre eux,
+\item l'�l�ment $\bar a$ a pour ordre (additif) $m$ dans le groupe
+ $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$,
+\item l'�l�ment $\bar a$ est g�n�rateur du groupe
+ $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$,
+\item l'�l�ment $\bar a$ est inversible dans l'anneau
+ $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$,
+\item l'�l�ment $\bar a$ appartient au groupe
+ $(\mathbb{Z}/m\mathbb{Z})^\times$ des inversible de l'anneau
+ $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$.
+\end{itemize}
+
+En particulier, $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ admet $\varphi(m)$
+g�n�rateurs. Comme un groupe cyclique d'ordre $m$ est la m�me chose
+que (un groupe isomorphe �) $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$, on en d�duit�:
+le nombre de g�n�rateurs de n'import quel groupe cyclique d'ordre�$m$
+est $\varphi(m)$.
+
+Attention�! on parlera aussi, plus loin, des g�n�rateurs du groupe
+\emph{multiplicatif} $(\mathbb{Z}/m\mathbb{Z})^\times$ (et de la
+question de savoir s'il y en a). Il ne faut pas confondre�!
+
+\medbreak
-Moralit�: $\varphi(m)$ est aussi le nombre d'�l�ments d'un groupe
-cyclique (quelconque) d'ordre�$m$ qui en sont un g�n�rateur.
+De fa�on g�n�rale, l'ordre additif de $\bar a$ dans
+$\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ vaut exactement $m/\pgcd(a,m)$.
%
\subsection{Th�or�me d'Euler}
@@ -841,7 +899,8 @@ a^{\varphi(m)} \equiv 1 \pmod{m}
\]
D�monstration�: l'�l�ment $\bar a \in (\mathbb{Z}/m\mathbb{Z})^\times$
-a un ordre qui doit diviser l'ordre du groupe, i.e.�$\varphi(m)$.
+a un ordre qui d'apr�s Lagrange doit diviser l'ordre du groupe,
+i.e.�$\varphi(m)$.
\textbf{Attention�!} ne pas confondre l'ordre (��additif��) d'un
�l�ment du groupe additif $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$ et l'ordre
@@ -881,8 +940,9 @@ Soit $m$ un entier naturel non nul. On dit que $g \in
(comme groupe ab�lien multiplicatif) --- ce qui entra�ne que
$(\mathbb{Z}/m\mathbb{Z})^\times$ est cyclique.
-Autrement dit, $g^{\varphi(m)}=1$ est optimal ($\varphi(m)$ est
-exactement l'ordre de�$g$).
+Autrement dit, $g^{\varphi(m)}=1$ est optimal�: dire que $g$ est
+primitif modulo�$m$ signifie que son ordre multiplicatif est
+exactement $\varphi(m)$ (et pas un autre diviseur de $\varphi(m)$).
Exemple�: les puissances de $\bar 2$ modulo $9$ sont�: $\bar 2,\bar
4,\bar 8,\bar 7,\bar 5,\bar 1$�; il y en a bien $\varphi(9)=6$ donc
@@ -928,14 +988,17 @@ cyclique (auquel cas ses g�n�rateurs s'appellent �l�ments
\subsection{D�finition, structure d'anneau et degr�}
-Soit $k$ un anneau commutatif quelconque, typiquement un corps
-(exemples importants�: $\mathbb{F}_p = \mathbb{Z}/p\mathbb{Z}$ ou bien
-$\mathbb{Q}$, $\mathbb{R}$, $\mathbb{C}$).
+Soit $k$ un anneau commutatif quelconque (par exemple�: $\mathbb{Z}$),
+typiquement un corps (exemples importants�: $\mathbb{F}_p =
+\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}$ ou bien $\mathbb{Q}$, $\mathbb{R}$,
+$\mathbb{C}$).
Un \textbf{polyn�me} en�$t$ � coefficients dans�$k$ est une somme
formelle $f = a_0 + a_1 t + a_2 t^2 + \cdots$ avec $a_i \in k$ o�
\emph{seul un nombre fini} des�$a_i$ est non nul (sinon on parle de
-\textbf{s�rie formelle}).
+\textbf{s�rie formelle}). Autrement dit, on peut �crire $f = a_0 +
+a_1 t + \cdots + a_n t^n$ pour un certain�$n$ (et si on impose $a_n
+\neq 0$, ceci d�finit�$n$, qui s'appellera alors le degr� de�$f$).
\textbf{Op�rations�:}
\begin{itemize}
@@ -949,7 +1012,9 @@ Si $k$ est un anneau commutatif, alors $k[t]$ aussi.
\textbf{Degr�} d'un polyn�me�: $\deg f =$ le plus grand $i$ tel que
$a_i \neq 0$ (le degr� du polyn�me nul est question de convention).
On peut donc �crire un polyn�me de degr� $\leq N$ comme $a_0 + \cdots
-+ a_N t^N$�; si $a_N = 1$ on dit que $f$ est \textbf{unitaire}.
++ a_N t^N$�; si $a_N = 1$ on dit que $f$ est \textbf{unitaire}. Plus
+g�n�ralement, le coefficient $a_{\deg f}$ s'appelle \emph{coefficient
+ dominant} de�$f$.
\textbf{Propri�t�s} du degr�:
\begin{itemize}
@@ -1004,36 +1069,29 @@ a_1 + 2 a_2 t + \cdots + N a_N t^{N-1}$.
\mathbb{N}$.
%
-\subsection{Polyn�me interpolateur, formule de Taylor}
+\subsection{Polyn�me interpolateur}
Dans cette section, soit $k$ un \emph{corps} et $f \in k[t]$.
\medskip
-Soient $a_0,\ldots,a_N
-\in k$ deux � deux distincts, o� $N \geq \deg f$, et $b_i = f(a_i)$,
-alors
-\[
-f = \sum_{i=0}^N b_i \frac{\prod_{j\neq i}(t-a_j)}{\prod_{j\neq i}(a_i-a_j)}
-\]
-
-Permet de reconstruire un polyn�me � partir de ses valeurs en
-suffisamment de points.
-
-Ceci assure notamment que si $f$ s'annule en $N+1$ points (o� $N \geq
-\deg f$) alors $f$ est le polyn�me nul.
-
-\medbreak
+\textbf{Fait fondamental�:} lorsque deux polyn�mes de degr�$\leq N$
+co�ncident en (au moins) $N+1$ points, ils sont �gaux�; de fa�on
+�quivalente, si un polyn�me de degr� $\leq N$ s'annule en $\geq N+1$
+points, alors c'est le polyn�me nul.
-Si $N \geq \deg f$ et $N!$ n'est pas nul dans�$k$, alors pour tout
-$a\in k$�:
+R�ciproquement, si $a_0,\ldots,a_N \in k$ sont deux � deux distincts,
+et $b_0,\ldots,b_N\in k$ sont quelconques, alors
\[
-f = f(a) + (t-a)\,f'(a) + \frac{(t-a)^2}{2}\,f''(a) +
-\cdots + \frac{(t-a)^N}{N!}\,f^{(N)}(a)
+\sum_{i=0}^N b_i \frac{\prod_{j\neq i}(t-a_j)}{\prod_{j\neq i}(a_i-a_j)}
\]
+(\emph{polyn�me interpolateur de Lagrange}) est un polyn�me de
+degr�$\leq N$ prenant en $a_i$ la valeur�$b_i$. D'apr�s ce qu'on
+vient de dire, c'est \emph{le} seul polyn�me de degr� $\leq N$ prenant
+en chaque $a_i$ la valeur�$b_i$.
-Permet de reconstruire un polyn�me � partir de ses d�riv�es
-successives en un point.
+Ceci permet de reconstruire un polyn�me � partir de ses valeurs en
+suffisamment de points.
%
\subsection{Division euclidienne de polyn�mes}
@@ -1070,8 +1128,9 @@ par $g$, soit $f^* = gq^* + r$ et on a $f = gq + r$ o� $q = c t^{N-D}
\smallbreak
\textbf{Cas tr�s important�:} Le reste de la division euclidienne de
-$f$ par $t-a$ (o� $a \in k$ est une constante) est $f(a)$.
-(Pourquoi�?)
+$f$ par $t-a$ (o� $a \in k$ est une constante) est $f(a)$. (En effet,
+c'est clair lorsque $a = 0$, et on en d�duit le cas g�n�ral par
+translation.)
\smallbreak
@@ -1123,42 +1182,65 @@ exactement analogue aux entiers.
Attention cependant�: de m�me que le pgcd de deux entiers est choisi
positif par convention, le pgcd de deux polyn�mes est choisi unitaire
-par convention. Dans l'algorithme d'Euclide, si le reste final est
-une \emph{constante} non nulle (pas n�cessairement�$1$), les polyn�mes
-sont premiers entre eux (par exemple, le pgcd de $t+2$ et $t$ dans
-$\mathbb{R}[t]$ est $1$, ces polyn�mes sont premiers entre eux, m�me
-si le reste de la division de $t+2$ par�$t$ est�$2$).
+par convention. Dans l'algorithme d'Euclide, il faut donc au final
+diviser le dernier reste par son coefficient dominant pour le rendre
+unitaire�; notamment, si le reste final est une \emph{constante} non
+nulle (pas n�cessairement�$1$), les polyn�mes sont premiers entre eux
+(par exemple, le pgcd de $t+2$ et $t$ dans $\mathbb{R}[t]$ est $1$,
+ces polyn�mes sont premiers entre eux, or si le reste de la division
+de $t+2$ par�$t$ est�$2$).
%
\subsection{Anneaux $k[t]/(P)$}
Analogues exacts de $\mathbb{Z}/m\mathbb{Z}$. Vision abstraite�: on
d�finit $f\equiv g\pmod{P}$ ssi $P$�divise�$f-g$, et on quotiente.
-Vision concr�te�: se ramener � $\deg f < \deg P$ par division
-euclidienne apr�s chaque op�ration.
+Vision concr�te�: les �l�ments de $k[t]/(P)$ sont repr�sent�s de fa�on
+unique par des polyn�mes � coefficients dans�$k$ de degr� strictement
+inf�rieur au degr� de�$P$, et on se ram�ne � $\deg f < \deg P$ par
+division euclidienne apr�s chaque op�ration (en fait, on n'a besoin de
+prendre le reste de la division euclidienne par�$P$ qu'apr�s une
+multiplication, puisque l'addition des polyn�mes ne fait jamais monter
+leur degr�).
+
+Pour tout $c \in k^\times$, on a $k[t]/(cP) = k[t]/(P)$. Autrement
+dit, multiplier $P$ par une constante ne change rien, donc on aura
+tendance � supposer que $P$ est unitaire quand on �crit $k[t]/(P)$.
Les �l�ments de $k$ se voient comme des �l�ments de $k[t]/(P)$ (les
constantes).
-�l�ment tr�s important�: $\bar t$. Il v�rifie $P(\bar t) = 0$.
+�l�ment tr�s important�: $\bar t$. Il v�rifie $P(\bar t) = 0$ (car le
+reste de la division euclidienne de $P(t) = P$ par�$P$ est�$0$).
Si on sait ce que �a signifie�: $k[t]/(P)$ est un espace vectoriel de
dimension $\deg P$ sur�$k$. Si $k$ est fini alors $k[t]/(P)$ est
-aussi fini (de cardinal $(\#k)^{\deg P}$).
+aussi fini, et de cardinal $(\#k)^{\deg P}$ (concr�tement, se donner
+un �l�ment de $k[t]/(P)$ revient � se donner un �l�ment de $k[t]$ de
+degr�$<\deg P$, donc � se donner $\deg P$ coefficients, chacun
+pouvant prendre $\#k$ valeurs).
+
+\smallbreak
Th�or�me chinois�: si $P$ et $Q$ sont premiers entre eux, on a
$k[t]/(PQ) \cong (k[t]/(P)) \times (k[t]/(Q))$ (m�me d�monstration que
pour les entiers, avec un petit peu d'alg�bre lin�aire).
+\smallbreak
+
Exemple idiot�: $k[t]/(t) \cong k$ (ici, $\bar t = 0$). En fait,
$k[t]/(t-a) \cong k$ o� $\bar t$ devient�$a$. Exemples moins idiot�:
$\mathbb{R}[t]/(t^2+1) \cong \mathbb{C}$, et $\mathbb{R}[t]/(t^2-1)
-\cong \mathbb{R} \times \mathbb{R}$ (th�or�me chinois en utilisant la
-factorisation $t^2-1=(t-1)(t+1)$�; noter que ce n'est pas un corps).
+\cong \mathbb{R}[t]/(t-1) \times \mathbb{R}[t]/(t+1) \cong \mathbb{R}
+\times \mathbb{R}$ (th�or�me chinois en utilisant la factorisation
+$t^2-1=(t-1)(t+1)$�; noter que ce n'est pas un corps).
Exercice�: dresser les tables de $\mathbb{F}_2[t]/(t^2+t+1)$.
+V�rifier qu'il s'agit d'un \emph{corps} � $4$ �l�ments. On le notera
+$\mathbb{F}_4$. (\emph{Attention�!} Ce n'est pas
+$\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}$, car ce dernier n'est pas un corps�!)
-\medskip
+\medbreak
\textbf{Important�:} $k[t]/(P)$ est un corps \emph{si et seulement si}
$P \in k[t]$ est irr�ductible. Lorsque c'est le cas, on l'appelle
@@ -1226,7 +1308,9 @@ $L$ de caract�ristique�$p$ est $\mathbb{F}_p = \{x\in L : x^p = x\}$.
On admet �galement l'unicit� � isomorphisme pr�s�: deux corps finis �
$q$ �l�ments, pour le m�me�$q$, sont isomorphes. (C'est-�-dire qu'il
s'agit abstraitement du m�me objet, mais dont les �l�ments peuvent
-�tre ��nomm�s�� diff�remment.)
+�tre ��nomm�s�� diff�remment.) On notera $\mathbb{F}_q$ le corps �
+$q$ �l�ments, s'il existe (on va voir que c'est le cas pour toute
+puissance $q$ d'un nombre premier).
%
\subsection{Morphisme de Frobenius, conjugu�s d'un �l�ment}
@@ -1281,8 +1365,8 @@ Il y a cependant des rapports�: par exemple, si $x \neq 0$ est de
degr� $r$ alors son ordre multiplicatif divise $p^r - 1$ (car on a
$x^{p^r} = x$ par d�finition de�$r$, donc $x^{p^r - 1} = 1$)�;
notamment, si $x$ est d'ordre $q - 1 = p^d - 1$ (on va voir qu'il
-existe de tels �l�ments) alors $x$ est de degr�$d$ (mais la
-r�ciproque n'est pas vraie).
+existe de tels �l�ments, ce sont les �l�ments primitifs) alors $x$ est
+de degr�$d$ (mais la r�ciproque n'est pas vraie).
%
\subsection{Existence et inclusions des corps finis}
@@ -1291,7 +1375,12 @@ Pour tout nombre premier�$p$ et tout $d \geq 1$, il existe un corps �
$q = p^d$ �l�ments, qu'on peut noter $\mathbb{F}_q$. On peut le voir
comme $\mathbb{F}_q \cong \mathbb{F}_p[t]/(f)$ pour un certain
polyn�me $f \in \mathbb{F}_p[t]$ irr�ductible de degr�$d$
-(l'affirmation est qu'il en existe�!).
+(l'affirmation importante est qu'il en existe�!).
+
+Moralement, le fait de choisir tel ou tel polyn�me $f$ irr�ductible de
+degr�$d$ (unitaire, disons) ne change pas le corps $\mathbb{F}_q$
+qu'on obtient comme $\mathbb{F}_p[t]/(f)$, cela change uniquement la
+valeur de l'�l�ment repr�sent� comme�$\bar t$.
\smallbreak
@@ -1302,6 +1391,12 @@ un sous-corps ayant $q$ �l�ments) si et seulement si�: (1)�$p=p'$ et
(Exemple�: $\mathbb{F}_4$ est contenu dans $\mathbb{F}_{16}$ mais pas
dans $\mathbb{F}_8$.)
+Rappelons que lorsque c'est le cas (que $q'$ est une puissance
+de�$q$), on peut retrouver $\mathbb{F}_q$ dans $\mathbb{F}_{q'}$ comme
+l'ensemble $\{x : x^q=x\}$ des racines de $t^q - t$, ou encore comme
+l'ensemble des �l�ments dont le degr� au-dessus de�$\mathbb{F}_p$
+divise�$d$ (car $x^q = x$ signifie $\Frob^d(x) = x$).
+
%
\subsection{Test de Rabin, factorisation de $t^{p^d}-t$}
@@ -1381,7 +1476,9 @@ Autrement dit, si $\mathbb{F}$ est un corps fini, il existe des
�l�ments $g$, dits \textbf{primitifs}, qui engendrent le groupe
multiplicatif $\mathbb{F}^\times$ des �l�ments non nuls
de�$\mathbb{F}$, c'est-�-dire tels que tout �l�ment non nul de
-$\mathbb{F}$ soit une puissance de�$g$.
+$\mathbb{F}$ soit une puissance de�$g$. Un �l�ment primitif de
+$\mathbb{F}_q$ est un �l�ment de $\mathbb{F}_q^\times$ dont l'ordre
+multiplicatif vaut exactement�$q-1$.
Le nombre d'�l�ments primitifs est bien s�r�$\varphi(q-1)$ (puisque,
une fois qu'on sait que $\mathbb{F}^\times$ est cyclique, comme il est