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+++ b/controle-20260622.tex
@@ -0,0 +1,805 @@
+%% This is a LaTeX document. Hey, Emacs, -*- latex -*- , get it?
+\documentclass[12pt,a4paper]{article}
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+\usepackage[french]{babel}
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+%\usepackage{ucs}
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+% A tribute to the worthy AMS:
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+\usepackage{amsthm}
+%
+\usepackage{mathrsfs}
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+%\externaldocument{notes-mitro206}[notes-mitro206.pdf]
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+\theoremstyle{definition}
+\newtheorem{comcnt}{Whatever}
+\newcommand\thingy{%
+\refstepcounter{comcnt}\smallskip\noindent\textbf{\thecomcnt.} }
+\newcommand\exercise{%
+\refstepcounter{comcnt}\bigskip\noindent\textbf{Exercice~\thecomcnt.}\par\nobreak}
+\renewcommand{\qedsymbol}{\smiley}
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+\newif\ifcorrige
+\corrigetrue
+\newenvironment{corrige}%
+{\ifcorrige\relax\else\setbox0=\vbox\bgroup\fi%
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+{{\hbox{}\nobreak\hfill\checkmark}%
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+%
+%
+%
+\begin{document}
+\ifcorrige
+\title{CSC-4MI06-TP / MITRO206\\Contrôle de connaissances — Corrigé\\{\normalsize Théories des jeux}}
+\else
+\title{CSC-4MI06-TP / MITRO206\\Contrôle de connaissances\\{\normalsize Théories des jeux}}
+\fi
+\author{}
+\date{2026-06-22}
+\maketitle
+
+\pretolerance=8000
+\tolerance=50000
+
+\vskip1truein\relax
+
+\noindent\textbf{Consignes.}
+
+Les exercices sont totalement indépendants. Ils pourront être traités
+dans un ordre quelconque, mais on demande de faire apparaître de façon
+très visible dans les copies où commence chaque exercice.
+
+\medbreak
+
+L'usage de tous les documents (notes de cours manuscrites ou
+imprimées, feuilles d'exercices, livres) est autorisé.
+
+L'usage des appareils électroniques est interdit.
+
+\medbreak
+
+Durée : 2h
+
+Barème \emph{indicatif} : $5$ point par exercice (sur $20$) plus $0.5$
+point bonus éventuel.
+
+\ifcorrige
+Ce corrigé comporte 9 pages (page de garde incluse).
+\else
+Cet énoncé comporte 6 pages (page de garde incluse).
+\fi
+
+\vfill
+{\noindent\tiny
+\immediate\write18{sh ./vc > vcline.tex}
+Git: \input{vcline.tex}
+\immediate\write18{echo ' (stale)' >> vcline.tex}
+\par}
+
+\pagebreak
+
+
+%
+%
+%
+
+\exercise
+
+L'expérience de pensée suivante a circulé sur divers réseaux sociaux
+en avril–mai 2026 :
+
+\begin{narrower}
+« Devant chaque personne sur Terre apparaissent deux boutons, un bleu
+ et un rouge. Chacun doit appuyer en secret sur l'un des deux. Si
+ au moins 50\% appuient sur le bouton bleu, tout le monde survit.
+ Sinon, seuls ceux qui ont appuyé sur le bouton rouge survivent. Que
+ feriez-vous ? »\par
+\end{narrower}
+
+Nous allons étudier ce problème sous l'angle de la pure théorie des
+jeux\footnote{En supposant, entre autres hypothèses simplificatrices
+critiquables, que chacun n'est préoccupé que par sa propre survie.}.
+On considère donc le jeu en forme normale suivant : $n\geq 2$ joueurs
+doivent faire un choix simultané entre deux options, $B$ (bleu) et
+$R$ (rouge) ; par ailleurs, on a fixé à l'avance\footnote{On suppose
+tacitement que ce seuil, comme l'ensemble des règles du jeu, sont
+connus de tous les joueurs. Dans l'expérience de pensée du texte cité
+ci-dessus ce serait $s = \lceil n/2\rceil$, le plus petit entier $\geq
+n/2$, mais ceci n'aura pas d'impact sur le raisonnement donc on ne
+supposera rien.} un nombre $2 \leq s \leq n$. Le gain des joueurs est
+déterminé par les règles suivantes :
+\begin{itemize}
+\item si $\geq s$ joueurs ont choisi l'option $B$, alors le gain de
+ chaque joueur est $0$ ;
+\item sinon (c'est-à-dire : si $> n-s$ joueurs ont choisi
+ l'option $R$), alors le gain des joueurs ayant choisi $R$ est $0$ et
+ celui des joueurs ayant choisi l'option $B$ est $-1$.
+\end{itemize}
+
+Le but de l'exercice est de déterminer les équilibres de Nash de ce
+jeu.
+
+On rappelle qu'on dit que $R$ est dans le \textbf{support} d'une
+stratégie (mixte) $(1-p) B + p R$ lorsque $p>0$, et que $B$ est dans
+le support de $(1-p) B + p R$ lorsque $p<1$.
+
+\medskip
+
+\textbf{(1)} Considérons un joueur $i$ particulier.\quad
+\textbf{(a)} Montrer que si $> n-s$ des $n-1$ autres joueurs jouent
+une stratégie ayant $R$ dans son support, alors le joueur $i$
+considéré a une espérance de gain strictement plus grande en
+jouant $R$ qu'en jouant $B$. (On demande une démonstration
+mathématiquement précise ici.)\quad\textbf{(b)} Montrer qu'au
+contraire si $\leq n-s$ des autres joueurs jouent une stratégie ayant
+$R$ dans son support, alors le joueur $i$ a une espérance de gain
+égale à $0$ quel que soit son choix.
+
+\begin{corrige}
+\textbf{(a)} Appelons $\mathscr{R}$ l'ensemble des joueurs $j \neq i$
+qui jouent une stratégie $(1-p_j) B + p_j R$ ayant $R$ dans son
+support (les autres jouent donc la stratégie pure $B$). Le gain du
+joueur $i$ est $0$ s'il joue $R$ ; s'il joue $B$, son gain est
+l'opposé de la probabilité (appelons-la $q$) que $> n-s$ joueurs
+jouent $R$. Si le cardinal $\#\mathscr{R}$ de $\mathscr{R}$ vaut $>
+n-s$, alors cette probabilité $q$ vaut $\geq\prod_{j\in\mathscr{R}}
+p_j > 0$ (puisque au moins dans le cas où chaque joueur
+$j\in\mathscr{R}$ joue effectivement $R$, l'événement « $>
+n-s$ joueurs jouent $R$ » se sera produit) ; et alors l'espérance du
+gain du joueur $i$ considéré est strictement plus grande (à
+savoir $0$) en jouant $R$ que s'il joue $B$ (à savoir $-q$). C'est ce
+qui était demandé.
+
+\textbf{(b)} Si le joueur $i$ considéré joue $R$, son gain vaut de
+toute façon $0$ donc il n'y a rien à prouver. Mais s'il joue $B$,
+comme on a supposé que $\leq n-s$ des autres joueurs jouent $R$, on
+est dans le cas où $\geq s$ joueurs jouent $B$, et le gain de tous les
+joueurs vaut $0$, donc l'affirmation de l'énoncé est vraie aussi.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(2)} En déduire que, dans un équilibre de Nash, si $B$ est
+dans le support de la stratégie d'un certain joueur $i$, alors $\leq
+n-s$ des autres joueurs jouent une stratégie ayant $R$ dans le
+support.
+
+\begin{corrige}
+Si $B$ est dans le support de la stratégie du joueur $i$, alors c'est
+une meilleure réponse possible au profil de stratégie des autres
+joueurs, et d'après (1)(a), ceci implique que $\leq n-s$ des autres
+joueurs jouent une stratégie ayant $R$ dans son support.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(3)} Considérons un équilibre de Nash et appelons
+respectivement : $n_B$ le nombre de joueurs qui jouent la stratégie
+pure $B$ ; $n_R$ ceux qui jouent la stratégie pure $R$, et $n_M$ ceux
+qui jouent une stratégie mixte $(1-p) B + p R$ ayant à la fois
+$B$ et $R$ dans le support (i.e., telle que $0<p<1$). En appliquant
+la question (2) à un joueur bien choisi, montrer que :
+\begin{itemize}
+\item[\textbf{(a)}] si $n_B > 0$, alors $n_M + n_R \leq n-s$
+ (c'est-à-dire $n_B \geq s$) ;
+\end{itemize}
+et, d'autre part, que :
+\begin{itemize}
+\item[\textbf{(b)}] si $n_M > 0$, alors $n_M + n_R \leq n-s+1$
+ (c'est-à-dire $n_B \geq s-1$).
+\end{itemize}
+
+\begin{corrige}
+Observons avant tout que $n_B + n_M + n_R = n$ de façon évidente.
+
+Pour montrer (a) : si $n_B > 0$, on peut appliquer la question (2) à
+un joueur $i$ qui joue la stratégie pure $B$ ; elle nous permet de
+dire que $\leq n-s$ des autres joueurs jouent une stratégie ayant $R$
+dans le support, et comme $i$ lui-même joue purement $B$, on voit que
+$\leq n-s$ parmi tous les joueurs jouent une stratégie ayant $R$ dans
+le support, c'est-à-dire $n_M + n_R \leq n-s$, c'est-à-dire $n_B \geq
+s$.
+
+Pour montrer (b) : si $n_M > 0$, on peut appliquer la question (2) à
+un joueur $i$ qui joue une stratégie ayant à la fois $B$ et $R$ dans
+le support ; elle nous permet de dire que $\leq n-s$ des autres
+joueurs jouent une stratégie ayant $R$ dans le support, et comme $i$
+lui-même compte aussi, on voit que $\leq n-s+1$ parmi tous les joueurs
+jouent une stratégie ayant $R$ dans le support, c'est-à-dire $n_M +
+n_R \leq n-s+1$, c'est-à-dire $n_B \geq s-1$.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(4)} Conclure qu'il y a deux sortes d'équilibres de Nash :
+\begin{itemize}
+\item ceux où $\geq s$ joueurs jouent la stratégie pure $B$,
+\item celui où \emph{tous} les joueurs jouent la stratégie pure $R$.
+\end{itemize}
+On vérifiera que ce sont bien des équilibres de Nash.
+
+\begin{corrige}
+Si on garde la notation $(n_B,n_M,n_R)$ de la question (3) pour un
+équilibre de Nash, on a soit $n_R < n$ soit $n_R = n$. Le second cas
+correspond bien à la situation où tous les joueurs jouent la stratégie
+pure $R$. Dans le second cas, $n_B + n_M > 0$ donc soit $n_B > 0$
+soit $n_M > 0$. Si $n_B > 0$, alors (3)(a) donne $n_B \geq s$,
+c'est-à-dire qu'on est dans la situation où $\geq s$ joueurs jouent la
+stratégie pure $B$ ; mais si $n_M > 0$, alors (3)(b) donne $n_B \geq
+s-1 > 0$ car $s \geq 2$, et on est ramené au cas qu'on vient de
+traiter. Ceci achève de démontrer que tout équilibre de Nash est
+d'une des deux sortes qu'on a dites.
+
+Montrons enfin que ce sont effectivement des équilibres de Nash : pour
+ce qui est de la première sorte, il y a $\leq n-s$ joueurs jouant une
+stratégie ayant $R$ dans son support, donc c'est exactement ce
+qu'affirme la question (1)(b). Et pour la seconde sorte, c'est
+évident (l'option $R$ est une meilleure réponse à n'importe quel
+profil de stratégies des autres joueurs).
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(5)} Pour $n=3$ et $s=2$, faire un dessin dans l'espace
+$(p_1,p_2,p_3)$ (où $(1-p_i) B + p_i R$ est la stratégie du
+joueur $i$) où on montrera le domaine des profils de stratégies mixtes
+possibles, et la partie correspondant aux équilibres de Nash.
+
+\begin{corrige}
+On dessine un cube de côté $1$ : l'ensemble du cube $[0,1]^3$
+correspond aux profils de stratégies mixtes $(p_1,p_2,p_3)$
+possibles ; la partie correspondant aux équilibres de Nash est le
+sommet $(1,1,1)$ (tous les joueurs jouent purement $R$) ainsi que la
+réunion des trois arêtes passant par $(0,0,0)$ (correspond aux
+situations où deux joueurs jouent purement $B$ et le troisième suit
+une stratégie quelconque).
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(6)} La conclusion de la question (4) est fausse pour $s=1$ :
+expliquer pourquoi, et indiquer à quel endroit dans le raisonnement on
+a utilisé l'hypothèse $s\geq 2$.
+
+\begin{corrige}
+Pour $s=1$, le jeu est trivial : le gain de chaque joueur est
+toujours $0$ (en effet, si tous les joueurs jouent $R$, leur gain
+est $0$ de toute façon, et si un joueur joue $B$ alors le gain de tous
+les joueurs est $0$ par la première clause des règles). Il s'ensuit
+que n'importe quel profil de stratégies mixtes est un équilibre de
+Nash, et ils ne sont pas tous d'une des deux sortes qu'on a dites
+en (4). L'hypothèse $s\geq 2$ a été utilisée en (4), juste après
+l'utilisation de la question (3)(b), pour passer de $n_B \geq s-1$ à
+$n_B > 0$.
+\end{corrige}
+
+
+%
+%
+%
+
+\exercise
+
+Le but de cet exercice est de montrer la détermination d'une certaine
+généralisation des jeux combinatoires étudiés en cours : les « jeux de
+parité ».
+
+Pour simplifier la terminologie, faisons d'abord la définition
+suivante : si $(u_0,u_1,u_2,\ldots) \in X^{\mathbb{N}}$ est une suite
+(infinie) à valeurs dans un ensemble $X$, on dira qu'une valeur $v \in
+X$ est \textbf{infiniment récurrente} pour la suite lorsque la suite
+prend cette valeur un nombre infini de fois, c'est-à-dire : $\forall
+n\in\mathbb{N}.\; \exists i\geq n.\; (u_i = v)$ ; ou, ce qui revient
+au même, $\{i\in\mathbb{N} : u_i=v\}$ est infini. Il est clair que
+toute suite (infinie) à valeurs dans un ensemble fini possède au moins
+une valeur infiniment récurrente (on ne demande pas de justifier ce
+fait, qu'on pourra utiliser).
+
+Un \textbf{jeu de parité} est défini par la donnée : d'un graphe
+orienté $G$ (qui n'est pas supposé fini, ni bien-fondé) ; d'un sommet
+$x_0$ de $G$ appelé « position initiale » ; et d'une fonction $\pi
+\colon G \to \mathbb{N}$ \emph{bornée}\footnote{C'est-à-dire qu'il
+existe $N\in\mathbb{N}$ tel que $\pi$ ne prenne que des valeurs $\leq
+N$.}, appelée « priorité ». La règle du jeu est la suivante : les
+joueurs Impair et Pair alternent, chacun choisissant un voisin sortant
+de la position actuelle (c'est-à-dire que Impair commence en
+choisissant $x_1$ voisin sortant de $x_0$, puis Pair choisit $x_2$
+voisin sortant de $x_1$, puis Impair choisit $x_3$ voisin sortant
+de $x_2$, et ainsi de suite). Le gagnant est défini par les règles
+suivantes :
+\begin{itemize}
+\item si un joueur ne peut pas jouer, ce joueur perd (i.e., son
+ adversaire gagne) ;
+\item si la confrontation $\dblunderline{x} :=
+ (x_0,x_1,x_2,x_3,\ldots)$ dure un temps infini, alors (puisque $\pi$
+ était supposée bornée) il existe au moins une valeur qui soit
+ infiniment récurrente pour la suite $(\pi(x_0), \pi(x_1), \ldots)$
+ des priorités des sommets parcourus : le gagnant est alors donné par
+ la parité de la plus grande de ces valeurs (autrement dit, on pose
+ $u_i = \pi(x_i)$, on appelle $p := \max\{v : v\text{~infiniment
+ récurrente dans~}(u_i)\}$ et Impair gagne si $p$ est impair tandis
+ que Pair gagne si $p$ est pair).
+\end{itemize}
+Pour le dire de façon plus courte, le jeu se joue comme un jeu
+combinatoire normal, mais si la confrontation est infinie, au lieu de
+considérer que cela conduit à une issue nulle, le gagnant est donné
+par la parité de la plus grande priorité infiniment récurrente. Il a
+donc toujours un gagnant et un perdant.
+
+{\footnotesize (Intuitivement, on peut imaginer le jeu ainsi : les
+ sommets $x$ avec $\pi(x)$ pair donnent un petit avantage au joueur
+ Pair, les sommets avec $\pi(x)$ impair donnent un petit avantage au
+ joueur Impair ; et cet avantage est d'autant plus important que
+ $\pi(x)$ est grand. Si l'issue de la confrontation n'est pas
+ déterminée par le fait qu'un joueur soit dans l'impossibilité de
+ jouer, elle l'est par le fait qu'un de ces petits avantages se soit
+ infiniment accumulé.)\par}
+
+\medskip
+
+\textbf{(1)} À titre d'exemple, considérons le graphe $G =
+\{g_0,g_1,g_2\}$ avec une arête de chaque $g_i$ vers chaque autre
+$g_j$ (où $j\neq i$), la position initiale $g_0$, et les priorités
+$\pi(g_i) = i$. Décrire une stratégie gagnante explicite pour Pair
+dans ce jeu.
+
+\begin{corrige}
+Pair peut jouer de la manière suivante : si la position actuelle est
+$g_0$ ou $g_1$, il joue vers $g_2$, sinon, il joue vers $g_0$.
+(Notons qu'il joue toujours vers un sommet dans $\{g_0,g_2\}$.) Si la
+position $g_1$ est infiniment récurrente dans une confrontation, alors
+c'est forcément Impair qui a joué infiniment souvent vers cette
+position (puisque Pair joue toujours dans $\{g_0,g_2\}$), donc au coup
+suivant Pair joue vers $g_2$, et alors $g_2$ est infiniment récurrente
+aussi. Donc la plus grande priorité infiniment récurrente ne peut pas
+être $1$, seule priorité impaire, donc elle est paire et Pair gagne.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+On va maintenant montrer que les jeux de parité sont toujours
+déterminés, c'est-à-dire qu'un des joueurs a une stratégie
+gagnante\footnote{On autorise ici les stratégies \emph{historiques},
+c'est-à-dire que le coup choisi a le droit de dépendre de tous les
+coups antérieurs et pas seulement de la position actuelle. (Il
+s'avère que les jeux de parité sont aussi déterminés pour les
+stratégies positionnelles, mais on ne s'intéressera pas à cette
+subtilité ici.)}.
+
+\medskip
+
+\textbf{(2)} Montrer que, pour $i,v\in\mathbb{N}$, l'ensemble
+\[
+S_{i,v} := \{\dblunderline{x}\in G^{\mathbb{N}} : \pi(x_i) = v\}
+\]
+est \emph{ouvert} (sous-entendu : pour la topologie produit de la
+topologie discrète) dans $G^{\mathbb{N}}$.
+
+\begin{corrige}
+Si $\dblunderline{x} \in S_{i,v}$ alors toute suite commençant par les
+mêmes valeurs $x_0,\ldots,x_i$ que $\dblunderline{x}$ est encore
+dans $S_{i,v}$, c'est-à-dire que $S_{i,v}$ contient le $(i+1)$-ième
+voisinage fondamental de $\dblunderline{x}$, donc en est un voisinage,
+et ceci montre que $S_{i,v}$ est ouvert.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(3)} Pour $v\in\mathbb{N}$, montrer que l'ensemble $P_v$ des
+suites $\dblunderline{x}\in G^{\mathbb{N}}$ pour lesquelles la
+priorité $v$ est infiniment récurrente est :
+\[
+\bigcap_{n=0}^{+\infty} \bigcup_{i=n}^{+\infty} S_{i,v}
+\]
+— et que l'ensemble $M_v$ de celles pour lesquelles pour lesquelles
+$v$ est précisément la plus grande priorité infiniment récurrente
+est :
+\[
+P_v \setminus \bigcup_{w=v+1}^{+\infty} P_w
+\]
+
+\begin{corrige}
+Dire que $v$ est infiniment récurrente signifie :
+\[
+\forall n\in\mathbb{N}.\; \exists i\geq n.\; (\pi(x_i) = v)
+\]
+C'est exactement dire que $\dblunderline{x} \in
+\bigcap_{n=0}^{+\infty} \bigcup_{i=n}^{+\infty} S_{i,v}$ d'après la
+définition de $S_{i,v}$, et de l'intersection et de la réunion.
+
+Dire que $v$ est la plus grande priorité infiniment récurrente
+signifie exactement qu'elle l'est et qu'aucune priorité $w\geq v+1$ ne
+l'est, c'est-à-dire que $\dblunderline{x} \in P_v \setminus
+\bigcup_{w=v+1}^{+\infty} P_w$.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(4)} Pour avoir toujours affaire à des confrontations
+infinies, lorsqu'un joueur ne peut plus jouer selon les règles, on
+conviendra qu'il perd immédiatement et que la suite des coups après ce
+point est arbitraire (sans importance pour le résultat). En reprenant
+un raisonnement du cours, rappeler pourquoi $G^{\mathbb{N}}$ est la
+réunion disjointe $A \cup B \cup D$ où $A$, resp. $B$ sont des ouverts
+décrivant des confrontations gagnées par Impair, resp. Pair parce que
+l'autre joueur a violé en premier la règle de choisir un voisin
+sortant, et $D$ est un fermé décrivant les confrontations où chaque
+$x_{i+1}$ est un voisin sortant de $x_i$.
+
+\begin{corrige}
+Appelons $D$ l'ensemble des suites $\dblunderline{x} \in
+G^{\mathbb{N}}$ telles que chaque $x_{i+1}$ est un voisin sortant
+de $x_i$, et $A$ l'ensemble des suites telles qu'il existe $i$ tel que
+$x_{i+1}$ n'est pas un voisin sortant de $x_i$ et que le plus petit
+tel $i$ est impair (i.e., Pair a violé la règle en premier, donc
+Impair gagne), et $B$ l'ensemble des suites telles qu'il existe $i$
+tel que $x_{i+1}$ n'est pas un voisin sortant de $x_i$ et que le plus
+petit tel $i$ est pair (i.e., Impair a violé la règle en premier, donc
+Pair gagne). Il est clair que $G^{\mathbb{N}} = A \cup B \cup D$,
+réunion disjointe. Les ensembles $A,B$ sont ouverts comme on l'a vu
+en cours (rappel : si $i$ est le plus petit tel que $x_{i+1}$ n'est
+pas un voisin sortant de $x_i$, alors toute suite commençant par
+$x_0,\ldots,x_{i+1}$ a la même propriété) ; l'ensemble $D$ est donc
+fermé comme complémentaire de l'ouvert $A\cup B$.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(5)} Dans les notations des questions (2)–(4), quelle est la
+partie de $G^{\mathbb{N}}$ décrivant exactement les confrontations
+gagnées par Impair ?
+
+\begin{corrige}
+Il s'agit de l'ensemble
+\[
+A \cup \left(D \cap \bigcup_{k=0}^{+\infty} M_{2k+1}\right)
+\]
+correspondant aux deux façons de gagner : soit Pair ne peut plus jouer
+et viole la règle (la confrontation est dans $A$), soit la règle est
+suivie jusqu'au bout et la plus grande priorité infiniment récurrente
+est impaire.
+
+(Pour les pinailleurs : il y a un problème de numérotation des suites,
+puisque Impair joue en premier avec le choix de $x_1$. On peut
+résoudre cette petite difficulté en numérotant les suites à partir
+de $1$, ou en convenant que Pair joue en premier et perd immédiatement
+s'il ne choisit pas la position initiale $x_0$ imposée. Ça ne change
+rien et ce n'est pas important ici.)
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(6)} En appliquant un théorème vu en cours, conclure que le
+jeu est déterminé.
+
+\begin{corrige}
+On rappelle que les boréliens sont la plus petite partie de
+$\mathscr{P}(G^{\mathbb{N}})$ contenant les ouverts et stable par
+complémentaire et réunions dénombrables (donc aussi intersections
+dénombrables).
+
+L'ensemble $S_{i,v}$ est borélien car ouvert. L'ensemble
+$\bigcup_{i=n}^{+\infty} S_{i,v}$ est donc aussi borélien (en fait,
+ouvert). L'ensemble $P_v := \bigcap_{n=0}^{+\infty}
+\bigcup_{i=n}^{+\infty} S_{i,v}$ est donc aussi borélien (intersection
+dénombrable de boréliens). L'ensemble $\bigcup_{w=v+1}^{+\infty} P_w$
+est donc aussi borélien (réunion dénombrable de boréliens).
+L'ensemble $M_v := P_v \setminus \bigcup_{w=v+1}^{+\infty} P_w$,
+c'est-à-dire $P_v \cap (G^{\mathbb{N}} \setminus
+\bigcup_{w=v+1}^{+\infty} P_w)$ est donc aussi borélien (intersection
+d'un borélien et du complémentaire d'un borélien). L'ensemble
+$\bigcup_{k=0}^{+\infty} M_{2k+1}$ est donc encore borélien.
+L'ensemble $D$ est fermé, donc borélien (complémentaire d'un ouvert),
+et l'ensemble $A$ est ouvert, donc borélien. Donc finalement,
+l'ensemble $A \cup \left(D \cap \bigcup_{k=0}^{+\infty}
+M_{2k+1}\right)$ trouvé en (5) est borélien.
+
+Le théorème de détermination borélienne pour les jeux de Gale-Stewart,
+vu en cours, s'applique donc et permet de conclure que le jeu de
+parité considéré est déterminé.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+{\footnotesize\textbf{À lire après l'épreuve, pour votre culture :}
+ Les jeux de parité, dans le cas où $G$ est fini, ont une grande
+ importance en informatique théorique, notamment en théorie de la
+ complexité parce que la question de décider quel joueur a une
+ stratégie gagnante est un problème qui est connu pour être à la fois
+ dans $\mathbf{NP}$ et $\mathbf{coNP}$ (et même « quasipolynomial »),
+ mais dont on ignore s'il est dans $\mathbf{P}$.\par}
+
+
+%
+%
+%
+
+\exercise
+
+Dans cet exercice, on considère une variante du jeu de nim (fini) dans
+laquelle on limite le nombre de bâtonnets qui peuvent être retirés en
+un seul coup.
+
+\medskip
+
+\textbf{(1)} Soit $k\geq 1$ un entier naturel, et soit
+$n\in\mathbb{N}$ un entier naturel. On considère le jeu combinatoire
+dans lequel il y a une seule rangée de bâtonnets, initialement avec
+$n$ bâtonnets, et où chaque joueur, quand vient son tour, retire un
+nombre quelconque entre $1$ et $k$ bâtonnets. (Plus exactement, les
+positions du jeu sont les entiers $i$ avec $0\leq i\leq n$, et on peut
+passer de la position $i$ à la position $j$ lorsque $1\leq i-j\leq
+k$.) Comme d'habitude, le joueur qui ne peut pas jouer perd.
+Calculer la valeur de Grundy $\mathrm{g}_k(n)$ de ce jeu.
+(\textit{Indication :} On pourra commencer par calculer à la main les
+valeurs $\mathrm{g}_k(i)$ pour $0\leq i\leq k$, puis
+$\mathrm{g}_k(k+1)$ et plus si besoin est, et s'en servir pour
+conjecturer une formule générale que l'on démontrera.)
+
+\begin{corrige}
+La définition de la fonction de Grundy donne :
+\[
+\mathrm{g}_k(n) = \mex\{\mathrm{g}_k(i) : \max(0,n-k) \leq i \leq n-1\}
+\]
+où comme d'habitude $\mex S$ désigne le plus petit entier naturel qui
+n'est pas dans $S$. Tant que $n\leq k$, on a donc juste
+$\mathrm{g}_k(n) = n$ comme au jeu de nim ; en revanche,
+$\mathrm{g}_k(k+1) = \mex\{1,2,\ldots,k\} = 0$ ; on a ensuite
+$\mathrm{g}_k(k+2) = \mex\{0,2,\ldots,k\} = 1$, et ainsi de suite. On
+voit donc qu'il y a périodicité de période $k+1$. Par récurrence
+sur $n$ on montre donc
+\[
+\mathrm{g}_k(n) = n \% (k+1)
+\]
+où $n \% (k+1)$ désigne le reste (compris entre $0$ et $k$ inclus) de
+la division euclidienne de $n$ par $k+1$. On a déjà vu que c'était le
+cas pour $0\leq n\leq k$ ; et si $n>k$, on a $\mathrm{g}_k(n) =
+\mex\{\mathrm{g}_k(i) : n-k \leq i \leq n-1\}$, où (par hypothèse de
+récurrence) l'ensemble dont on prend le $\mex$ contient tous les
+restes des divisions euclidiennes modulo $k+1$ à l'exception de celle
+de $n$, qui est donc la valeur de $\mathrm{g}_k(n)$, ce qui conclut la
+récurrence.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(2)} On considère maintenant le jeu combinatoire suivant : une
+position consiste en un certain nombre de bâtonnets $n_1,\ldots,n_r$
+arrangés en lignes (où $n_k$ désigne le nombre de bâtonnets sur la
+ligne numérotée $k$) ; chaque joueur, quand vient son tour, retire des
+bâtonnets selon les règles suivantes :
+\begin{itemize}
+\item comme au jeu de nim usuel, les bâtonnets retirés sont sur une et
+ une seule ligne (i.e., un des $n_k$ est remplacé par un $n'_k$ avec
+ $n'_k < n_k$), mais en plus
+\item le nombre de bâtonnets retirés ne peut pas excéder le numéro de
+ la ligne (i.e., $1 \leq n_k - n'_k \leq k$ : on peut retirer au plus
+ $1$ bâtonnet de la première ligne, ou au plus $2$ de la deuxième,
+ etc.).
+\end{itemize}
+En exprimant ce jeu en fonction des jeux considérés à la question (1),
+exprimer la valeur de Grundy de la position $(n_1,\ldots,n_r)$ en
+fonction des $\mathrm{g}_k(i)$.
+
+\begin{corrige}
+Comme les différentes lignes n'interagissent pas du tout, le jeu qu'on
+a décrit est la somme disjonctive du jeu décrit à la question (1) pour
+les différents $k$ qui numérotent les lignes. D'après le théorème vu
+en cours sur le calcul de la fonction de Grundy d'une somme
+disjonctive, la valeur de Grundy recherchée est la somme de nim (=XOR)
+$\bigoplus_{k=1}^r \mathrm{g}_k(n_k) = \bigoplus_{k=1}^r (n \%
+(k+1))$.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+\textbf{(3)} Exemple : calculer la valeur de Grundy de la position
+$(1,3,5,7)$ (soit $1$ bâtonnet sur la ligne $1$, $3$ sur la ligne $2$,
+etc.) pour le jeu décrit en (2). Quel coup feriez-vous si vous deviez
+jouer en premier à partir de cette position ?
+
+\begin{corrige}
+On trouve :
+\begin{itemize}
+\item $n_1 \% (1+1) = 1 \% 2 = 1$,
+\item $n_2 \% (2+1) = 3 \% 3 = 0$,
+\item $n_3 \% (3+1) = 5 \% 4 = 1$,
+\item $n_4 \% (4+1) = 7 \% 5 = 2$.
+\end{itemize}
+Le XOR de tous ces nombres est $2$ : comme cette valeur de Grundy est
+non nulle, le premier joueur a une stratégie gagnante. Pour trouver
+un coup gagnant, on cherche à trouver un $k$ et un $n'_k$ tel que le
+remplacement de $n_k$ par $n'_k$ annule la valeur de Grundy. Le plus
+évident est de remplacer $n_4 = 7$ par $n'_4 = 5$ (i.e., retirer
+$2$ bâtonnets de la ligne $4$) ; mais on peut aussi remplacer $n_2 =
+3$ par $n'_2 = 2$ (i.e., retirer $1$ bâtonnet de la ligne $2$) ou bien
+remplacer $n_3 = 5$ par $n'_3 = 3$ (i.e., retirer $2$ bâtonnets de la
+ligne $3$).
+\end{corrige}
+
+
+%
+%
+%
+
+\exercise
+
+Si $b\geq 2$ est un entier naturel, on rappelle que l'écriture en
+base $b$ d'un entier naturel $n$ est l'unique écriture
+\[
+n = b^{e_s}\, c_s + \cdots + b^{e_1}\, c_1
+\]
+où $e_s > \cdots > e_1$ (appelés les \emph{exposants} de l'écriture)
+et $1\leq c_s,\ldots,c_1\leq b-1$ (appelés les \emph{chiffres} de
+l'écriture ; on omet le chiffre $0$, mais il faut évidemment autoriser
+la somme vide pour le nombre $0$ lui-même). On appelle
+\textbf{écriture en base $b$ itérée} l'écriture dans laquelle les
+exposants eux-mêmes sont écrits en base $b$ itérée. Par exemple,
+l'écriture en base $2$ itérée de $38$ (dont l'écriture binaire usuelle
+est $2^5 + 2^2 + 2^1$) est :
+\[
+2^{(2^2 + 1)} + 2^2 + 2
+\]
+(en fait, si on veut être extrêmement précis, le $2$ le plus haut dans
+chaque tour d'exposants est mis pour $2^1$ où $1$ est lui-même mis ici
+pour $2^0$ ; et on n'a pas écrit les chiffres eux-mêmes, qui valent
+tous $1$).
+
+Si $n$ est un entier naturel, on définit la \textbf{suite de
+ Goodstein} partant de $n$ de la manière suivante. Les termes de la
+suite sont indicés par les entiers naturels $b\geq 2$. Le premier
+terme de la suite est $g_2 := n$. Pour calculer le terme $g_{b+1}$ à
+partir de $g_b$, on effectue les opérations suivantes :
+\begin{itemize}
+\item écrire $g_b$ en base $b$ itérée, et remplacer chaque $b$ par
+ $(b+1)$ dans cette écriture (sans changer les chiffres),
+\item puis soustraire $1$.
+\end{itemize}
+
+Par exemple, à partir de $n=19$, on a $g_2 = 19$, qui s'écrit en base
+$2$ itérée comme $2^{2^2} + 2 + 1$ ; on va donc le remplacer par
+$3^{3^3} + 3 + 1 = 7\,625\,597\,484\,991$ et soustraire $1$, si bien
+que le terme suivant est $g_3 = 7\,625\,597\,484\,990$. Le terme
+suivant sera alors obtenu à partir de $g_3 = 3^{3^3} + 3$ en
+remplaçant les $3$ par des $4$ et en soustrayant $1$, ce qui donne
+$g_4 = 4^{4^4} + 4 - 1 = 4^{4^4} + 3$ (un nombre valant environ
+$1.34\times 10^{154}$), puis on trouve $g_5 = 5^{5^5} + 2$, et ainsi
+de suite.
+
+La suite de Goodstein termine lorsqu'on atteint $0$ (si c'est le cas).
+
+\medbreak
+
+\textbf{(1)} Si $n$ est un entier naturel et $b\geq 2$, on définit un
+ordinal $f_b(n)$ de la façon suivante : écrire $n$ en base $b$ itérée
+et remplacer chaque $b$ par $\omega$ dans cette écriture (sans changer
+les chiffres). Par exemple, $f_2(38) = f_2(2^{(2^2 + 1)} + 2^2 + 2) =
+\omega^{(\omega^\omega+1)} + \omega^\omega + \omega$ tandis que
+$f_3(38) = f_3(3^3 + 3^2 + 2) = \omega^\omega + \omega^2 + 2$.
+Montrer que, à $b$ fixé, la fonction $f_b$ est strictement croissante
+(c'est-à-dire : si $n<n'$ alors $f_b(n) < f_b(n')$).
+
+\begin{corrige}
+Directement par la définition, $f_b(n)$ est un ordinal écrit en forme
+normale de Cantor itérée, qui a, de plus, la propriété que tous les
+chiffres de cette écriture sont $<b$.
+
+Or les écritures en base $b$ itérée des entiers naturels se comparent
+lexicographiquement (car c'est déjà le cas des écritures en base $b$
+ordinaires) : on compare l'exposant de la plus grande puissance de $b$
+(celle écrite en premier) par le même algorithme récursivement, puis
+le chiffre correspondant, puis l'exposant suivant, etc., jusqu'à
+trouver la première différence. C'est exactement le même algorithme
+pour la comparaison des formes normales de Cantor itérées des
+ordinaux.
+
+Autrement dit, $f_b$ définit une bijection croissante entre les
+entiers naturels et les ordinaux $<\varepsilon_0$ dont la forme
+normale de Cantor itérée n'a que des chiffres $<b$.
+\end{corrige}
+
+\medbreak
+
+\textbf{(2)} Si $(g_b)$ est une suite de Goodstein, on définit une
+suite d'ordinaux de même longueur $(\gamma_b)$ avec $\gamma_b <
+\varepsilon_0$ de la façon suivante : pour calculer $\gamma_b$, on
+écrit $g_b$ en base $b$ itérée, et remplacer chaque $b$ par $\omega$
+dans cette écriture (sans changer les chiffres). Démontrer que
+$\gamma_{b+1} < \gamma_b$.
+
+\begin{corrige}
+La définition est donc : $\gamma_b = f_b(g_b)$. Comme $g_{b+1} + 1$
+s'obtient en remplaçant tous les $b$ par $(b+1)$ dans l'écriture en
+base $b$ itérée de $g_b$, on a $\gamma_b = f_{b+1}(g_{b+1} + 1)$.
+Comme $\gamma_{b+1} = f_{b+1}(g_{b+1})$ et que $g_{b+1} < g_{b+1} +
+1$, par la question (1), on en déduit $\gamma_{b+1} < \gamma_b$.
+\end{corrige}
+
+\medbreak
+
+\textbf{(3)} En déduire que toute suite de Goodstein est finie.
+
+\begin{corrige}
+Si on avait une suite de Goodstein $(g_b)$ infinie, on en déduirait
+par la construction $\gamma_b = f_b(g_b)$ de la question (2) une suite
+d'ordinaux $(\gamma_b)$ infinie strictement décroissante. Ceci n'est
+pas possible, donc toute suite de Goodstein est finie.
+\end{corrige}
+
+\medskip
+
+{\footnotesize\textbf{À lire après l'épreuve, pour votre culture :} La
+ longueur de la suite de Goodstein commençant par $n$ est un exemple
+ de fonction à croissance extrêmement rapide (bien qu'elle soit
+ évidemment calculable) : par exemple, elle domine asymptotiquement
+ n'importe quelle fonction primitive récursive et même la fonction
+ d'Ackermann. On peut par ailleurs montrer que la finitude des suite
+ de Goodstein n'est pas prouvable dans l'arithmétique de Peano (il
+ est en quelque sorte nécessaire d'introduire l'ordinal
+ $\varepsilon_0$ pour la prouver).\par}
+
+
+
+%
+%
+%
+
+\refstepcounter{comcnt}\bigskip\noindent\textbf{Points bonus.}
+
+(Ceci n'est pas un exercice à résoudre mais un choix à faire.)
+
+Vous disposez de deux options : indiquez clairement sur votre copie si
+vous choisissez « Bleu » ou « Rouge ». (Ce choix sera gardé secret.)
+
+Si au moins la moitié des participants de l'épreuve choisissent
+« Bleu », alors $0.5$ points seront ajoutés à la note de tous les
+participants. Sinon, $0.5$ points seront ajoutés à la note seulement
+des participants qui ont choisi « Rouge »,
+
+
+%
+%
+%
+\end{document}